saab900
saabine, c'était notre première voiture à tous les 2, notre voiture d'amoureux, notre voiture rêvée achetée 6000 francs quelques mois après notre mariage. saabine, c'était le bruit d'un moteur reconnaissable entre mille qui signale le retour de l'être aimé en bas dans la rue. saabine, c'était le toit ouvrant, le vent dans les cheveux et l'insouciance malgré les soucis mécaniques. saabine, c'était une voiture sans radio où on écoute des podcasts et l'ipod relié par un cable à une cassette dans l'autoradio. saabine, c'était de l'huile qu'elle sème comme le petit poucet, c'était de l'eau dans le radiateur, c'était le chauffage à retardement. saabine, c'était l'appartenance à une famille dont on saluait les membres lorsqu'on en croisait sur les routes. saabine, c'était la seule et l'unique, celle qu'on ne veut pas quitter et qui vous lâche un 6 mai à 150km de la maison le jour de l'anniversaire de son conducteur et une heure après la victoire de celui qui de ces mots "le changement, c'est maintenant" avait fait son slogan.

est-ce que saabine a pris ce slogan trop à cœur ? est-ce que cette panne irrémédiable (?) lorsqu'on est une voiture de 28 ans - les pièces ne sont plus fabriquées depuis belle lurette - est le coup de pied au derrière qu'il nous fallait pour qu'on lui dise adieu ?

toujours est-il que lorsque le mécano s'est approché de saabine pour la faire monter sur sa dépaneuse, l'alarme de notre voiture tant aimée a retenti dans la nuit, comme un cri. pas de doute, saabine avait une âme !

bye-bye notre chouette saab900, tu seras difficile à remplacer...